28 juillet 2006
interview de Le Pen: le politic show copie les grands médias au lieu de changer les pratiques
Le Politicshow a fait sa première interview le 7 juillet dernier. Le premier candidat interviewé est Le Pen. Un peu dangereux comme entrée en matière. Mais bon. Une interview classique. Dommage. C'est pas forcément la peine de refaire du PPDA. Dommage.
Résultat Le Pen fait du Le Pen et l'interviewer se contente de laisser Le Pen à la responsabilité de ses propos. Je détaille mais allez voir l'interview.
Le Pen conçoit la nation et son peuple comme une sorte de donnée naturelle qui aurait une essence, une culture, des valeurs immuables (l’ADN français en somme). Du coup l’immigration et ses richessess ne conduirait qu'à la perversion de la "nature française", le métissage serait de la batardise (formidable comparaison avec les élevages de chiens et de chevaux que son dir com’ a du apprécier). L'interviewer n'a pas matière à contredire cette vision naturalisée de la culture?
L'incompétence notoire et les mensonges de Le Pen en économie ne peut-elle subir qu'un vague "c'est contestable" de lapprenti journaliste? Il présente l’immigration comme un poids financier en annonçant que seuls 5% des étrangers travaillent: d'où sort ce chiffre? Lorsque Le Pen avoue qu'il n'a pas d'avis sur les OGM, pourquoi ne pas relever que c'est un enjeu majeur pour un pays comme la France qui est un leader en matière agricole au niveau international, que c'est un enjeu pour l'autonomie alimentaire des pays du Sud (ça a peut-être à voir avec l'immigration économique) qu'on le voit sous l'angle de la lutte contre les désastres naturels ou sous l'angle de la soumission des peuples aux éxigences des garnds groupes agro-alimentaires. Et que donc c'est un peu léger pour un candidat à la présidence de la République. Idem lorsqu'il bafouille et peine à donner un avis sur les grandes recompositions industrielles (GDF-Suez, Arcelor-Mittal). Sa vague allusion à un patriotisme national ou continental, son ignorance du caractère plus que louche du projet russe, tout ça dépasse complètement Le Pen: il est à la ramasse sur ces sujets parce qu'il vis sur des fantasmes! Que des journaleux s'allongent c'est un chose, mais cette expérience de l'interview web "citoyenne" aurait permis de changer les pratiques sur le sujet. Et de mettre Le Pen face à son incompétence.
Lorsqu'il minimise le rôle de la pollution humaine sur le réchauffement climatique, c'est bien que face à son électorat beauf qui rêve ou possède un 4x4, face à son électorat qui vit de l'agriculture intensive polluante, face à son electorat rural pour qui la mise en cause de la voiture revient à l'immobilité, et que dans sa logique où tous les maux sont la faute de "l'autre", il ne peut pas dire que c'est à chacun d'agir sur ses propres pratiques. Le Pen est soumis à sa clientèle électorale. C'est la pute du beauf en 4x4.
Pourquoi l'interviewer ne critique pas son point de vue sur les sidéens (et pas sidaïques svp, terme qui est une invention de Le Pen) tout aussi affligeant que dangereux en terme de prévention. Comme si la sodomie était l’unique pratique sexuelle contaminante : on rêve !!!
J’allais oublier son propos sur son patrimoine qu’il qualifie de modeste tout en parlant du fait qu’il paie l’ISF !!! Pourquoi ne pas réveler cette contradiction évidente?
Le Pen fait du Le Pen, un tas d’ânerie qui ne résiste pas à l’examen rigoureux des faits mais qui ont l’avantage de rejeter la faut sur l’autre : l’immigré (et pas les patrons milliardaires dont Le Pen est un digne représentant), l’homo sodomite (et pourquoi pas les singes verts ?) dont la "perversion" conduirait à l’épidémie de sida, et puis bien sûr "l’établissement". L’hétéro français et chrétien n’a donc plus qu’à banir ceux-là pour vivre enfin mieux ou bien. Le Pen fait du Le Pen mais voilà, l'apprenti interviewer se contente de récolter sa parole. Soit disant au nom de la démocratie. C'est dommage.
Enfin une dernière remarque d'un tout autre ordre. Dans l'intervew, Le Pen se fait répéter les mots, plusieurs fois. Il n’entend plus. Il est vieux. Il n’a plus la gaillardise. Il a parfois des allures de petit vieux. Lui qui fait de l’autorité son crédo, on a parfois envie de lui dire "eh Papi, arrête de radoter et prend tes cachets". Et ça c'est tant mieux.
Commentaires
Et tu as noté une des sources du journaliste ? Wikipedia...
Dommage, il y avait une erreur dans l'article Le Pen (son deuxième prénom)
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